L’APPROCHE GATTEGNO

L’APPROCHE GATTEGNO
Qui est Caleb Gattegno ?

Comme Montessori, c’est un scientifique mais aussi et surtout un mathématicien. D’origine anglo-espagnole, Gattegno (1911-1988) est principalement connu pour son approche innovante de l’enseignement et de l’apprentissage des mathématiques, des langues étrangères (le Silent Way – La méthode silencieuse) et de la lecture (Lecture en couleurs). Il a également inventé des matériels pédagogiques pour chacune de ces approches.Il travaille avec Piaget, dont il traduit plusieurs ouvrages et contribue à la « démocratisation » des réglettes Cuisenaire©.Contrairement à Montessori, Gattegno n’a pas su « démocratiser » et étendre sa pédagogie. Elle mérite pourtant qu’on s’y intéresse.

La subordination de l’enseignement à l’apprentissage

Gattegno soutient que, pour que les actions pédagogiques soient efficaces, il faut que l’enseignement soit subordonné à l’apprentissage, ce qui suppose un prérequis absolu : les professeurs doivent impérativement comprendre comment les êtres humains apprennent.On retrouve l’idée des pédagogies nouvelles qui mettent l’apprenant au centre du dispositif et qui font de l’enseignant un médiateur, un « éveilleur » (Freinet).

Seule la conscience est éducable

Selon Gattegno, chez les êtres humains seule la conscience est éducable. Tout chemin d’apprentissage implique toujours que plusieurs prises de conscience aient lieu: « l’insight ». En effet, chaque prise de conscience est le signe d’une mise en réseau neuronal de l’information et donc d’une intégration de cette « prise de conscience » au sein d’un champ de connaissances.

Préparer vs post-parer

Quand il n’est pas avec ses apprenants, un enseignant doit effectuer trois sortes de préparation : préparer son cours, se préparer à faire cours et post-parer le cours qui vient d’avoir lieu.

La motivation

Développer la curiosité et la joie de l’apprentissage en invitant à l’exploration, l’expérimentation…

Le feed-back

Le feed-back est un moment où chacun examine ses propres processus d’apprentissage.Il existe deux types de feed-back : celui dont on se sert à tout moment pendant le cours et qui correspond à l’évaluation interactive, et le feed-back réalisé à la fin d’une période de travail – une journée ou quelques jours, par exemple.Le feed-back aide les élèves à devenir conscients du travail accompli et à en évaluer la qualité. Il leur permet de savoir si leurs apprentissages pourraient être plus efficaces.Cette importance du feedback est désormais validée notamment par les neurosciences.

Les voies de connaissance

Depuis quelques siècles, l’analyse et le sens du détail forment la base des sciences, au détriment de la synthèse. Gattegno appelle « intuition » l’union de l’analyse et de la synthèse. Pour Gattegno, l’intuition est la voie de connaissance de l’avenir. Elle est la plus fructueuse car c’est elle qui nous permet d’étudier les questions complexes pour lesquelles nous ne pouvons pas espérer trouver des réponses simples telles que nous fournirait l’analyse. Il s’agit du « mode adaptatif » de l’approche neuro-cognitiviste ou du mode créatif ou encore du système 2 (neurosciences).

La mémoire et la rétention : l’énergie

Gattegno a observé qu’il y a un « budget énergétique » de l’apprentissage. Les êtres humains ont un sens très développé de l’économie de leur propre énergie et sont très sensibles aux coûts que son utilisation implique. Il est donc essentiel d’enseigner selon des méthodes efficaces sur le plan de la quantité d’énergie dépensée par les apprenants.

La lecture en couleur

C’est une approche par les sons qui permet de travailler :- la prononciation en s’exonérant de la graphie (ce qui évite la double tâche en pédagogie : demander à l’apprenant de faire 2 opérations en même temps est très difficile – on rejoint là, la pédagogie Montessori dont le matériel auto-correctif est conçu pour ne proposer qu’un concept à la fois), – la flexibilité mentale (opérations d’association, d’inversion, de substitution, d’insertion, d’itération, etc. – on rejoint le développement des fonctions cognitives chères à Feuerstein) en associant une couleur à un son et à un espace physique (le multicanal pour maximiser l’apprentissage).

Les outils
  • la lecture en couleur,
  • le Silent Way pour les langues étrangères,
  • et les réglettes Cuisenaire (du nom de son inventeur, puis développées et popularisées par Caleb Gattegno) pour les mathématiques. Elles sont utilisées dans la méthode de Singapour mais la philosophie qui sous tend leur utilisation a été dévoyée.

L’approche Gattegno est utilisée dans divers contextes : les enfants qui apprennent à lire, les étrangers qui apprennent le français ou encore en remédiation. Cette approche sera associée à la pédagogie Montessori en cycle 1 au sein de l’école.

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