TRILINGUISME

TRILINGUISME

Au 21e siècle, la maîtrise de plusieurs langues est une nécessité.

Le programme de l’Éducation nationale française stipule que les élèves doivent avoir atteint à l’issue de l’école primaire le niveau minimum « A1 » du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et être capables de communiquer de façon simple si l’interlocuteur parle lentement et distinctement (https://www.education.gouv.fr/les-langues-vivantes…).

Panorama des différents modèle d’enseignement des langues

Différents modèles d’enseignement des langues existent, chacun engageant des ressources diverses.

Certains de ces modèles, comme celui de l’immersion totale ou partielle, impliquent un investissement important de la part de la structure éducative.

  • Un modèle minimaliste consiste à privilégier des temps ponctuels dans deux des langues enseignées (bilinguisme) sous la forme de modules. Il s’agit de temps de travail visant à établir des liens entre les disciplines et à maximiser la cohérence entre les enseignements. Ce système est souple et permet de travailler de façon ciblée et thématique le langage du quotidien, le vocabulaire de la vie scolaire, un lexique spécifique, une méthodologie, etc.
  • Une autre possibilité, plus ambitieuse, utilise la pédagogie de projet. Interdisciplinaire par nature, le projet est le moment qui permet régulièrement la manipulation de plusieurs langues (bilinguisme et/ou plurilinguisme) : il peut s’agir par exemple d’un projet interdisciplinaire de radio scolaire, de journal, d’archéologie, etc.
  • Il y a la possibilité de co-enseigner sur le modèle que la chercheuse Claudine Brohy qualifie d’immersion réciproque : les enfants présents en classe ont un niveau de maîtrise linguistique du français et des autres langues variés. La principale contrainte liée à ce modèle d’immersion réciproque est la nécessité que deux enseignant-e-s soient en co-enseignement, la plus grande partie de la journée, afin de dispenser les contenus disciplinaires chacun-e dans sa langue principale, avec une traduction quasiment permanente, assurée par l’un-e ou l’autre ou l’un-e des élèves. C’est le choix qu’a fait la Lab School Paris.
  • La classe EMILE (Enseignement d’une Matière Intégrée à une Langue Étrangère à l’école en Europe) est un programme immersif bilingue/plurilingue qui existe depuis 2006. La langue associée à une autre discipline (par exemple l’histoire) sont toutes deux objets d’enseignement sans qu’il y ait une préséance de l’une sur l’autre. Ce système nécessite la co-présence de 2 enseignants, l’un en appui de l’autre. Quatre types d’objectifs sont à atteindre (4C) : contenus (objectifs disciplinaires), communication (objectifs linguistiques), (inter)culture (citoyenneté européenne), cognitif (défi en terme cognitif mais aussi affectif).
  • Il y a enfin la possibilité de réserver des temps pour chaque langue selon le pourcentage attitré à chacune d’elle. Ainsi, dans une répartition hypothétique 50-25-25, les matinées seront dédiées au français et les après-midis répartis entre la deuxième et la troisième langue. Cette formule permet aux enfants de savoir à l’avance quelle langue sera employée et de se mobiliser exclusivement sur celle-ci. Cette formule n’interdit pas l’apport de vocabulaire ou quelques traductions bien au contraire mais il n’y a qu’une langue principale parlée sur le temps d’apprentissage. Cette formule est d’autant plus intéressante car elle peut inclure la co-présence d’un deuxième enseignant dans une autre langue que celle parlée qui devient une langue d’appui. Elle est moins coûteuse d’un point de vue cognitif que l’immersion réciproque ou la classe EMILE. C’est le choix que font de nombreuses écoles Montessori.

Plusieurs études ont démontré que les meilleurs résultats en termes de résolution de problèmes, de capacité à interagir ou de réflexion métalinguistique sont obtenus par les élèves issus de l’enseignement bilingue . Des études comparatives entre des classes « 3 langues » et des classes « standard » ont aussi montré un gain d’environ deux ans pour les premières avec un niveau de français au moins égal (Etude sur la contribution du multilinguisme à la créativité, n°EACEA/2007/3995/2, Commission européenne, 24 juillet 2009).

TRILINGUISME A l’EFIM

En tant qu’école française innovante nous portons l’ambition de favoriser l’intégration de 2 cultures et 3 langues : le français, bien-sûr, l’espagnol car il s‘agit de la langue du pays d’accueil et l’anglais, incontournable.

Toutes ces langues seront présentes dès la maternelle. Des dispositifs variés seront mis en place pour les non francophones afin de faciliter leur acquisition du français, ainsi que les francophones afin de faciliter leur acquisition de l’espagnol et de l’anglais.

L’apprentissage de l’espagnol est important pour 2 raisons :

  • c’est la langue du pays d’accueil et pour une question d’intégration il convient de pouvoir l’exercer
  • c’est une condition « espagnole » qui permet une passerelle entre établissements français et espagnols (nous comptons d’ailleurs aller plus loin en enseignant l’histoire espagnole aux élèves d’élémentaire, cette seconde condition n’étant obligatoire qu’au collège)

Pour mettre en place cette exigence de qualité, « de » et « en » 3 langues, l’EFIM affecte 3 enseignants par classe, l’enseignant référent – natif français – et deux enseignants complémentaires – natifs espagnol et anglais -. Il est envisagé de fonctionner en « unité pédagogique » de 2 classes.

Des dispositifs variés comme du co-enseignement, des petits groupes, des projets interdisciplinaires ou encore la mise en œuvre de modules spécifiques permettront d’atteindre l’objectif – minimum – d’un niveau A1-A2 (entre A1 et C2 selon le niveau de départ de l’enfant et le cycle d’apprentissage).

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